Category Archives: Droits de l’homme

Joseph MATATA écrit à Jeannette KAGAME (2)

Lettre ouverte à Son Excellence Madame Jeannette KAGAME (envoyée mardi 07 juillet 2020)

En tant que coordinateur du CLIIR, je suis dans l’obligation de vous envoyer ma seconde lettre sur la souffrance du peuple rwandais.

Un jour votre mari a fait un discours de mépris contre une de ses victimes, le défunt président Habyarimana. Il s’est exprimé en ces mots en kinyarwanda :

« Bati dufite urutonde rw’abanyarwanda tugomba gucira urubanza bahanuye indege. Mu ndege harimo iki ? Muri iyo ndege harimo iki, kigomba kwica abanyarwanda miliyoni ? » Son discours, qui traduit également son mépris vis-à-vis de toutes les victimes du génocide rwandais, se résume en français comme suit : « ils nous ont dit qu’ils avaient une liste de rwandais à traduire en justice pour avoir abattu l’avion. Dans l’avion, il y avait quoi? Dans cet avion qu’est-ce qu’il y avait qui pouvait justifier le massacre d’un million de rwandais ? » Je vous demande d’aider votre mari à prendre conscience que c’est l’attentat terroriste du 06 avril 1994 et l’infiltration des commandos du FPR dans les milices Interahamwe et CDR qui ont déclenché le génocide de 1994. Ces commandos du FPR qui ont participé aux massacres avaient été formés par les meilleurs instructeurs militaires et cadres politiques du FPR-Inkotanyi. Ces infiltrés du FPR ont supervisé des massacres sur plusieurs barrières partout dans le pays. Le Sénateur Tito Rutaremara l’a confirmé à Kigali le 13/04/2020 et s’en vanté à la Rwanda TV. Le chiffre de plus de 3.500 cellules clandestines du FPR dispersées sur tout le territoire rwandais, a été cité le 02 mai 1997 par M. Tito RUTAREMARA, qui venait de reconnaître pour la première l’existence de ces infiltrés du FPR dans tous les milieux lors d’une conférence-débat organisée par le Parti du Travail Belge (PTB) à Bruxelles.

Pour cacher la vérité sur cette participation des infiltrés du FPR au génocide, votre mari Kagame a mis en place un régime totalitaire de terreur qui contrôle et paralyse toutes les institutions officielles du Rwanda. Les spécialistes décrivent tout régime totalitaire comme suit :

« Les régimes totalitaires méprisent la raison et n’accordent aucune valeur à la vie humaine. Ils ne font aucun effort pour évaluer les conséquences de leur idéologie et de leurs activités. Ils méprisent également la liberté intellectuelle, l’essor des connaissances et le respect de la justice. Le mépris des dirigeants pour les individus au service d’un idéal aveugle conduit également à n’accorder aucune valeur à l’autre, et par extension à la vie humaine.

Ceux qui sont au service des dictateurs et en exécutent les ordres sont souvent frappés du même aveuglement et du même mépris de la vie humaine. Comme l’explique Todorov, tous les régimes extrémistes se servent du principe : « Qui n’est pas pour moi est contre moi », mais seuls les régimes totalitaires ajoutent : « Et qui est contre moi doit périr ». Ce qui caractérise plus spécifiquement le totalitarisme est que cet ennemi se trouve à l’intérieur même du pays, et que l’on étend le principe de guerre aux relations entre groupes de compatriotes.

Les systèmes totalitaires renoncent à l’universalité et divisent l’humanité en êtres supérieurs (leurs  partisans) et en êtres inférieurs (leurs opposants qui doivent être punis, voire éliminés).

C’est le régime qui détient la mesure du bien et du mal et décide de la direction dans laquelle la société doit évoluer.

L’Etat doit contrôler l’intégralité de la vie sociale d’un individu : son travail, son lieu d’habitation, ses biens, l’éducation de ses enfants, et même sa vie familiale et amoureuse.

Cette totale mainmise lui permet d’obtenir la soumission de ses sujets : il n’y a plus de lieu où ils pourraient s’abriter et lui échapper ».

C’est ce mépris de la raison, ci haut décrit, qui caractérise la plupart des discours de votre mari, le président Paul Kagame. Et c’est pour cette raison que personne dans l’assistance n’a répondu à sa question stupide de savoir « ce qu’il y avait dans l’avion ». Pourquoi n’ont-ils pas répondu ?

Tout d’abord, parce que Kagame savait très bien que dans l’avion présidentiel abattu, il y avait deux présidents de la République qui étaient tous deux Hutus. Il y avait aussi un bon nombre de leurs collaborateurs qui ont péri dans ce cet assassinat destiné à créer le chaos par l’écroulement de l’ordre public. Ensuite, c’est parce que les opprimés préfèrent garder le silence. Mais tout silence parle. Surtout le silence de l’offensé. Car ce silence a cette capacité insondable de pulvériser, ne serait-ce qu’un instant, la violence de l’offenseur. Devant l’injure, la calomnie, la médisance, le silence a valeur d’éternité.

Ce jour-là, le silence des opprimés du Rwanda n’a pas attiré l’attention de votre mari très arrogant. Ils ne pouvaient pas oser blesser son orgueil et son prestige d’avoir déclenché la descente aux enfers du peuple rwandais. Ce silence peut traduire soit le respect soit la crainte de l’agressé vis-à-vis de l’agresseur.

Parce que ce dernier sait absolument qu’il écrase, piétine, flagelle…

L’offensé, malgré l’affront qui lui est fait, en se taisant révèle, à celui qui le blesse sa propre blessure et peut le soigner mystérieusement.

Le silence de l’opprimé, alors, a cette vertu étrange de révéler la compassion insondable qu’on porte à un être profondément blessé. Car votre mari est un grand blessé de l’exil forcé qu’il a vécu. Mais aujourd’hui vous devez l’aider à dialoguer où alors à se suicider par le feu ou par un nouvel exil. A méditer !

L’histoire tragique de votre mari explique en partie ses profondes blessures. Comme il refuse tous les soins et les conseils dont il a besoin pour cesser d’humilier et de faire souffrir des millions de citoyens rwandais, je compte sur Vous, en tant que son épouse qui connaît le Rwanda d’avant 1990 pour l’aider à dialoguer d’urgence avec ses opposants avant qu’il ne soit trop tard.

Ma présente lettre vous explique que son système totalitaire impitoyable mis en place depuis l’assassinat du Général Fred Rwigema le 02/10/1990 ne suffit plus à lui assurer l’impunité. Seul le dialogue urgent et l’héritage de réconciliation du martyr Kizito MIHIGO peuvent l’aider à échapper à la justice pour ces nombreux crimes commis en Uganda, au Kenya, au Rwanda, au Burundi et en République Démocratique du Congo (RDC). Pouvez-vous mesurer l’ampleur de ses crimes organisés dans la Région de l’Afrique des Grands Lacs (RAGL) ?

Pour approfondir le contenu de ma présente lettre, je vous transmets, en annexe, les conseils de sagesse que Sa Sainteté le Dalaï Lama donne « A Ceux qui font souffrir les autres ». Même lorsqu’ils ont été blessés dans leur passé comme s’est arrivé à votre époux, les oppresseurs doivent savoir que « Plus on fait souffrir les autres plus on accumule les causes de sa propre souffrance. En outre, comme on nuit à la société, on nuit doublement à soi-même ».

Je vous supplie de faire soigner votre mari et d’atténuer ses souffrances qui le maintiennent dans la violence extrême contre des opposants pacifiques. Les Conseils du Dalaï Lama ne manqueront pas de vous inspirer. Un des remèdes très efficaces serait par exemple de rencontrer et de dialoguer d’urgence avec ses opposants politiques pacifiques. Plutôt que de les menacer de toutes sortes de punitions, alors qu’ils ne font qu’exercer leurs droits et leurs libertés reconnus par la Constitution rwandaise et les autres lois en vigueur au Rwanda.

Continuer à les présenter comme des « terroristes » est un gros mensonge qui ne tient plus la route devant l’opinion publique. Si votre mari estime qu’il a fait taire le peuple et muselé les journalistes depuis 26 ans, je Vous rappelle que « devant l’injure, la calomnie, la médisance, le silence a valeur d’éternité. »

Jusqu’au moment opportun où le peuple rwandais reprendra sa liberté.

Je vous prie d’agréer l’assurance de ma considération très distinguée.

Fait à Bruxelles, mardi le 07 juillet 2020

Pour le CLIIR, MATATA Joseph, Coordinateur (GSM :+32 476701569)

BIZIMANA Jean Damascène viole le droit de liberté à la religion.

Figure controversée, Dr Jean Damascène BIZIMANA est le secrétaire exécutif de la Commission Nationale de Lutte Contre le Génocide (CNLG). Il s’est rendu célèbre par ses propos déplacés et discours mensongers dont l’unique but est de salir les Rwandais d’origine hutu, et de les qualifier de génocidaires, tous sans exception aucune. Un travail qu’il exécute à l’aide des frais du contribuable rwandais dont la majorité est constituée de ceux qu’il intente démolir.

Sa toute dernière sortie est plus que surprenante. Il menacent les Chrétiens qui mettent l’image de Jésus comme photo de profil sur les réseaux sociaux dans la période de commémoration du génocide. En effet, comme la commémoration a lieu en même temps que la semaine sainte, période de réflexion sur la mort de Jésus Christ, ceux y croient exercent leur droit. En colère, Monsieur BIZIMANA qualifie ce comportement de crime de déni et minimisation du génocide, les Chrétiens voient ça comme entrave à leurs droits.

La déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, dans son article 18 stipule: “Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites”. 

Et la Constitution rwandaise de 2003 telle que révisée jusqu’aujourd’hui dit dans son article 37, alinéa 1 que ” la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte et de leur manifestation publique est garantie par l’Etat conformément à la loi.

Que la mémoire des victimes du génocide soit légitime et légale, elle ne devrait en aucun cas servir d’instrument de musellement des droits internationaux et, encore moins, constitutionnels.

Chaste Gahunde


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“Pas d’état d’urgence au Rwanda” Nduhungirehe persévère dans l’ignorance.

covidrwLa question de savoir où se trouve le Président rwandais a provoqué des vagues. Comme si l’on y avait pas droit. Ne trouvant pas Kagame auprès de son peuple au moment où son implication est indispensable, à la recherche des réponses, deux hypothèses étaient mises en avant:

  1. Le président va mal ou est en dehors du pays
  2. Le Premier Ministre acte anticonstitutionnellement 

La première hypothèse se fonde sur le fait que selon la Constitution rwandaise, l’état d’urgence sanitaire (comme tout autre état d’urgence) ne peut être déclaré par le Premier Ministre sauf si le Président est indisponible (malade ou en dehors du pays). D’ailleurs le jet du Président était vu à Londres depuis le 21 mars 2020.

La deuxième hypothèse suppose que le Premier Ministre, pour des raisons qu’on ignore, aurait acté anticonstitutionnellement, sans assumer les fonctions du Président par intérim. D’ailleurs, il n’a jamais eu de Conseil des Ministres pour lui autoriser ce qu’il a fait.

Ambassadeur Nduhungirehe sort du silence en commentant sur l’un de nos articles:

ONDU

Amb. Olivier NDUHUNGIREHE

“Un état d’urgence peut être sanitaire c’est vrai, mais tout état d’urgence implique la SUSPENSION DE LA CONSTITUTION pour octroyer au pouvoir exécutif des pouvoirs exceptionnels qui étaient autrement détenus par d’autres pouvoirs. Et ceci n’est pas le cas au Rwanda”.

Me Joseph Cikuru Mwanamayi octroie une leçon gratuite à l’Ambassadeur Olivier Nduhungirehe, qui est aussi le Ministre d’Etat au ministère rwandais des affaires étrangères. L’avocat aux barreaux de Kigali et Bruxelles partage notre avis que ce qui est fait au Rwanda est anticonstitutionnel.

CIK

Me Joseph Cikuru Mwanamayi

“M. Nduhungirehe n’est pas sans ignorer qu’en droit international public, un État d’urgence peut peut être décrété, généralement en temps de guerre où la Constitution n’est nécessairement pas suivie dans son application. C’est dans ce contexte qu’il insiste – à tort et à travers- sur le fait qu’il n’y a aucune disposition constitutionnelle ayant été suspendue d’être appliquée pour parler d’un Etat d’urgence où l’un de 3 pouvoirs n’a pas été en mesure d’exercer son rôle.

Pourtant, en l’espèce, à moins de m’établir le contraire, il s’est avéré que les membres de l’Exécutif se sont permis d’agir dans une situation d’urgence sanitaire, en prenant des mesures qui ne relevaient pas de leurs compétences matérielles ( ratione materiae).

En effet, en cas d’une crise générale sur l’étendue du territoire, aucun Ministre n’a compétence (légale) d’arrêter des mesures visant l’intérêt général de la population sans que ces mesures n’aient été adoptées par l’organe constitutionnellement habilité.

Quel cet organe tel que prévu par la Constitution du Rwanda?

– C’est le Président de la République (Chef de l’Exécutif),

– Le Parlement, et ;
– Le Judiciaire.

Pour le cas qui nous intéresse, “l’état du Codiv-19” qui s’est abattu, d’une façon inattendue, sur le Rwanda devrait, d’après les dispositions constitutionnelles, impérativement être débattu en Conseil des Ministres en sa session ordinaire.

Mais comme cette urgence s’est fait sentir, sans que le Conseil du Gouvernement ne puisse se tenir, la Présidence de la République devrait prendre un acte administratif et le diffuser le plus urgemment possible car visant la vie de la population en danger.

En cas d’empêchement du Président, le Chef du Gouvernement (Dr Ngirente Edouard) allait intervenir.

Mais cela n’a pas été le cas. Plutôt le MINISANTE, le MINALOC, le MINEDUC, le MINICOM, la Police Nationale, se sont contentés, chacun pour ce qui le concerne, à lancer des communiqués officiels en désordre bien ordonné (l’un après l’autre), et ce EN PRESENCE du Président de la République et de celle du PM.

C’est que les juristes professionnels, nous relevons la suspension de la Constitution car certains Ministres ont usurpé les pouvoirs qui ne leur appartiennent pas.

A supposer même que, vu l’extrême urgence, les Ministres intéressés se soient concertés mutuellement, soit par téléphone, soit par autre moyen, leur proposition n’a pas fait l’objet d’une approbation du Cabinet Meeting.

D’ailleurs, d’aucuns s’interrogeaient sur la portée du communiqué du PM Ngirente Edouard daté du 21 mars 2020, intervenu postérieurement à ceux lancés par ses subalternes et dont le contenu ou le message est presqu’identique (renforcement des mesures de confinement).

M. l’Amb. Nduhungirehe persévère toujours en affirmant qu’aucune disposition constitutionnelle n’a été violée. Mais, il ne parvient pas à éclaircir sur quelle base légale divers chefs de portefeuilles ministériels sont autorisés à prendre les décisions susceptibles d’être qualifiées de “privation de liberté de tout un peuple”, SANS AVOIR ÉTÉ APPROUVÉES, NI SIGNÉES par le Président de la République ou son Premier Ministre ?

Et pire encore, selon le discours pré-enregistré du Chef de l’État du 27/03/2020 à 22h, une Commission chargée de la question Covid-19 dont la direction a été confiée au Premier Ministre aurait été mise en place.

M. l’Amb.Nduhungirehe ne saurait décrire sa composition, dégager quand plus précisément elle a été constituée et publiée officiellement, QUI ET QUI L’ ONT INSTITUÉE, etc.

Telles sont les violations flagrantes de la Constitution qui emporteraient certains dans leurs conviction que la Constitution a été suspendue d’être appliquée, contrairement à la fausse prétention du Secrétaire d’état au MINAFFET”.

I cannot agree more.

Chaste GAHUNDE


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Kagame a bluffé les Rwandais!

Le 27 mars 2020, le Général Paul Kagame s’est adressé à la nation sur le coronavirus . En d’autres termes, Kagame aura attendu deux mois et 27 jours pour parler à la nation de la pandémie qui, le 31 décembre 2019 a initialement frappé Wuhan, une ville de l’est de la Chine.

Au moment où Kagame s’est finalement adressé à la nation, 54 Rwandais étaient déjà infectés par Covid19. Le discours qui n’a duré que 5 minutes et 38 secondes était une rhétorique vide. Parmi tant d’autres trois questions clés sont restées sans réponse.

1) Quelles sont exactement les dépenses de santé accrues pour lutter contre la pandémie de coronavirus?

2) Quels sont exactement les secours accordés aux Rwandais qui sont en situation de verrouillage total?

3) Quelles sont exactement les dépenses à plus grande échelle pour soutenir les secteurs économiques durement touchés tels que le secteur du tourisme?

Les Rwandais restent inquiets.

Traduction libre par Chaste Gahunde

David Himbara

htts://medium.com


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Me Cikuru Mwanamayi réagit aux mesures COVID-19 imposées par le Gouvernement rwandais.

Après la publication de l’article du 27 mars 2020, les réactions sont tombées de tous côtés. Ci-après, il nous plait de vous partager celle du Me Joseph Cikuru Mwanamayi, avocat à Bruxelles, Belgique. Il est d’accord qu’il y a pas mal d’anomalies dans la procédure des “mesures COVID-19”. Bonne lecture. Admin.

jcmw

Me Joseph Cikuru Manamayi est avocat aux bareaux de Bruxelles et de Kigali

Bonjour chers frères et amis,
PERSONNE PARMI VOUS N’EST JURISTE PROFESSIONNEL POUR POUVOIR DÉGAGER LES RÈGLES DE DROIT MÉCONNUES EN L’ ESPÈCE.

Et le MINISANTE, et LE MINALOC, et LE MINEDUC, et le Premier Ministre, chacun pour ce qui le concerne, s’est permis de déclarer ou de publier ce qui n’avait fait l’objet d’aucun Conseil du Gouvernement.

Aucune disposition constitutionnelle ne donne aucun droit, ni pouvoir d’arrêter les mesures administratives s’appliquant erga omnes, SANS QU’ELLES N’AIENT ÉTÉ PRISES SOUS FORME D’UN ARRÊTÉ MINISTÉRIEL.

Il en est de même que le communiqué lancé par le Premier ministre sans avoir fait l’objet d’une approbation préalable par le Conseil du Gouvernement, réuni en sa session extraordinaire. Le fameux communiqué ne constituait nullement un Arrêté du Premier ministre!
Pire encore, ce communiqué ne reprenait que ce que les subalternes du Premier ministre avaient déjà décidé, en ses lieu et place, comme si le Dr Ngirente Edouard était absent au Rwanda.

Il est vraiment inacceptable que le MINISANTE prenne des mesures s’appliquant à l’ensemble des élèves et étudiants relevant de la compétence du MINEDUC, des mesures imposables aux commerçants et indépendants de la compétence du MINICOM, des mesures appartenant au MINALOC.

J’ai suivi, avec un vif regret, Prof. Shyaka Anastase, MINALOC, déclarer à la TVR que son ministère représentait le Gouvernement, en ces termes : ” MINALOC mu izina rya Guverinoma….”.(Minaloc au nom du gouvernement, ndlr).

Depuis quand le Gouvernement Rwandais soit représenté par qui que ce soit sans délégation écrite à cette fin? Quelle honte? Vraiment ridicule!

A ma grande surprise, j’apprends dans le discours du Chef de l’État du 27 mars 2020 que le Premier ministre aurait agi comme en tant que Président d’une éventuelle Commission prétendument constituée dans le cadre de prévenir et lutter contre le Covid- 19.
Manifestement, c’était pour couvrir la responsabilité du Premier Ministre ou la défaillance (manquement) de la Présidence qui aurait dû rédiger et diffuser un tel communiqué.

Tenez bien, avant que toute mesure décrétée dans le cadre du Covid-19 ne fasse l’objet d’une quelconque publication par tel ou tel Ministre en vue de sa mise en exécution, elle aurait dû avoir été soit par la Présidence de la République, soit par la Primature.

Dommage que l’Amb. Nduhungirehe n’ait jamais relevé cette usurpation de pouvoirs par le MINISANTE, le MINALOC, le MINEDUC, le Premier Ministre, ALORS QU’il est ancien lauréat de la faculté de droit à l’Université, même s’il n’est pas pratiquant du droit.

Enfin, je m’accorde avec l’Ambassadeur Nduhungirehe qu’il n’y a pas “état d’urgence” au Rwanda faisant que l’un des 3 pouvoirs intervienne en lieu et place de l’autre.

Qu’à cela ne tienne, M. l’Ambassadeur Nduhungirehe peut expliquer pourquoi divers Ministères précités ont décidé sur les matières ne relevant pas de leurs compétences respectives, et ce, avant que leur Supérieur hiérarchique (Primature) ne déclare rien?

Peut-il nous dire pourquoi Dr Ngirente Edouard a signé le communiqué en tant que Premier Ministre SANS AVOIR INDIQUÉ SON NOUVEAU TITRE DE Head of Commission on Covid-19?

Quand et comment cette commission a-t-elle mise en place? En vertu de quelles dispositions constitutionnelles ?

Elle a été rendue publique par quel Arrêté ministériel ou présidentiel ?

Les MINISANTE, MINALOC, MINEDUC étaient-ils au courant de l’existence de ladite Commission avant leur publication des communiqués ?

Bref, c’est mieux de se faire entourer des avis de juristes spécialisés avant qu’une telle ou telle autorité politique ne se livre aux actes administratifs engageant l’intérêt de la nation.

Joseph Cikuru Mwanamayi (Facebook)


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U Rwanda rwinjijwe mu bihe by’amage (State of Emergency) mu buryo budakurikije Itegeko Nshinga.

Dukurikije uburemere bw’ingamba zigizwe n’ingingo 10 gusa zafashwe kandi zigatangazwa na Minisitiri w’Intebe Dr Ngirente Edouard kuwa 21 Werurwe 2020, biragaragara ko u Rwanda rwinjijwe mu bihe by’amage y’ubuzima bw’abantu (state of health emergency) bitewe n’icyorezo bise “Corona Virus Disease (Covid-19)” gikomeje guhangayikisha isi yose n’abayituye n’u Rwanda rurimo.

WAKWIBAZA UTI ESE NINDE WEMEZA IBIHE BY’AMAGE?

ngirente

Minisitiri w’Intebe , Edouard NGIRENTE yakoze ibinyuranyije n’itegekonshinga.

Ntekereza ko Dr Ngirente Edouard ibyo yakoze agamije kujijisha abanyarwanda kugira ngo bagerweho n’ingaruka z’ibyemezo yafashe bitagira izina kandi bidakurikije amategeko. Muti kubera iki?

  1. Ingamba za Minisitiri w’Intebe Ngirente nta tegeko ry’igihugu zashingiyeho nyamara zireba ubuzima bw’abenegihugu bose ndetse zishobora no kubushyira mu kaga. Mu nyandiko y’ipaji 1 gusa yise “ingamba nshya zo gukumira icyorezo cya corona virusi”, yashingiye gusa ngo “ku ntera icyorezo kimaze gufata ku isi” no “ku buryo ibindi bihugu bihangana na cyo”. Biteye agahinda kubona Minisitiri w’intebe ashingira gusa ku byo yumva ahandi atitaye kubyo abona iwabo. Ikindi, aho gushingira ku bushobozi bw’igihugu cye akigana uko ngo “ibindi bihugu byagenje” atitaye kuri bwa budasa bw’igihugu cye. Ikibabaje kurushaho ariko ni ukuntu yibagiwe n’ubundi kwigana ibyo bihugu uko birimo bifata n’ingamba ku bizatunga abenegihugu mugihe cy’amage.
  2. Ingamba z’ibihe by’amage nk’izi zifatwa na Perezida wa Repubulika ntabwo ari Minisiti w’Intebe keretse niba arwaye bakabihisha Abanyarwanda. Nk’uko biteganwa n’Itegeko Nshinga mu ngingo yaryo ya 108, igika cya gatatu:

“Perezida wa Repubulika atangaza ibihe by’amage cyangwa ibihe by’imidugararo mu buryo buteganywa n’Itegeko Nshinga n’andi mategeko”.

Ingamba zo guhangana n’ibihe by’amage bikorwa mu itegeko-teka rya Perezida wa Repubulika nta na rimwe bishobora kuba “Ingamba Nshya” za Minisitiri w’Intebe kandi ngo ingaruka zirebe abanyarwanda bose.
3. Nk’uko biteganywa n’ingingo ya 136 y’Itegeko Nshinga, ingamba zo guhangana n’ibihe by’amage ziteganywa n’itegeko kandi bitangazwa na Perezida wa Repubulika bimaze kwemezwa n’Inama y’Abaminisitiri. Kuba rero byatangajwe na Minisitiri w’Intebe ni uko nta gaciro bifite kandi ntawe ugomba kuzikurikiza kuko zihabanye cyane n’Itegeko Nshinga igihugu kigenderaho.

4. Wakwibaza uti: “ese iyi mikorere ya RPF ihishe iki”? Cyangwa ukibaza impanvu bafashe “Ingamba Nshya” aho gutegura itegeko rirengera abazazahazwa n’icyo cyorezo.
Ntekereza ko agatsiko ka RPF kahisemo kunyura inzira y’ubusamo kuko gutangaza mu buryo bwemewe n’amategeko ko gashyize igihugu mu bihe by’amage bigomba gutangirwa ibisobanuro byumvikana no kwerekana ingamba zihamye zo guhangana n’ibyo bihe. Kandi bakagaragaza igice cy’Igihugu icyo cyemezo kireba n’ingaruka zacyo aho guhungeta abanyarwanda bose nta bindi bisobanuro nk’uko babikoze ubu. Iki cyemezo cyerekana ko RPF igamije guhunga inshingano za Leta. Kuko itegeko rigena ibihe by’amage ntiriteganya gusa iminsi amage azamara ahubwo riteganya n’uko abayarimo bazabaho. None Ngirente we afungiranye abanyarwanda mu nzu gusa ntiyitaye uko bazabaho kandi ari inshingano za Leta ya shebuja.
5. Ikindi gituma bahunga itegeko rigena ibihe by’amage ni uko ari ryo riteganya ibihano n’uko bizatangwa mu gihe ritubahirijwe, none mu Rwanda ibihano birimo no gucibwa amafaranga y’umurengera ajya mu mifuka y’abayobozi ngo bikungahaze gusa. Ikindi gihano ni ukurasa abantu ku manywa y’ihangu kandi barabizi ko amategeko ahana ndetse n’Itegeko Nshinga atemera icyo gihano.

Nyamara nk’uko bigaragara muri iyo ngingo twavuze haruguru ya 136,

“kwemeza ibihe by’amage ntibishobora na rimwe kubangamira uburenganzira bwo kubaho, kudahungabanywa ku mubiri, uburenganzira abantu bahabwa n’amategeko ku miterere n’ububasha bwabo, ku bwenegihugu, ihame ry’uko itegeko mpanabyaha ridahana icyaha cyakozwe mbere y’uko rijyaho, uburenganzira bwo kwiregura n’ubwisanzure ku mitekerereze no ku idini”.

Muri iyi ngingo kandi Itegeko Nshinga riteganya ko kwemeza ibihe by’amage “bidashobora kubangamira cyangwa guhindura amahame yerekeye n’uburyozwacyaha bw’abayobozi ba Leta iriho”.

Ni ukuvuga ko iyo bitwaje ibyo bihe by’amage bakarasa rubanda bidakuraho ko abo bayobozi bakurikiranwa n’inkiko zikabaryoza ibyaha bakoze bitwikiriye ibyo bihe.

Muri macye iyi mikorere yo gupfunyikira amazi abanyarwanda igamije kubima uburenganzira bemerewe n’amategeko kugirango RPF ibarye utwabo, ibakeneshe, ibice abandi ibicishe inzara kandi nirangiza yishyire imbere mu kwitaka ko izi guhangana n’ibyorezo nk’uko ibindi bihugu byabigenje mbese nk’uko byavuzwe na Ngirinte mu ntangiriro y’iryo tangazo yashyizeho umukono.

UMWANZURO
1) Ibi byemezo n’ingamba bifashwe muri uko guhuzagurika n’ubuswa bwinshi ntidukwiye kwemera ko bigira ingaruka ku buzima bw’abanyarwanda. Ntihagire umuturage ukurikiza izi ngamba nshya za Ngirente kuko zidakurikije amategeko kandi ntizitange n’igisubizo ahubwo zirashora abanyarwanda mu kaga gakomeye cyane kurusha ako Korona virusi yabashoyemo.
2) Perezida wa Repubulika (Paul Kagame) niba atarwaye agomba kujya ahagaragara agatangaza ko izi ngamba nshya za Ngirente azitesheje agaciro kandi zivuyeho.
3) Niba Perezida abona ko ibihe by’amage aringombwa nabicishe mu itegeko teka. Itegeko teka kandi riteganye uko abanyarwanda bazahangana n’ibibazo by’amage aho kubasunikira mu nzu nk’amatungo. Ni ngombwa kandi gukemura ikibazo cy’imishahara y’abavanwe mu mirimo yabo, iy’abikoreraga ku giti cyabo ndetse n’imiryango yabo, uko abari abashomeri bazabaho. N’ibindi bibazo byose bizaterwa n’iyo mibereho mishya.
4) Perezida Paul Kagame niba atirwariye nategeke ko igihano cy’urupfu kigaruwe maze cyandikwe no mu gitabo cy’amategeko ahana aho gukomeza kurasa rubanda ku manywa y’ihangu kandi amategeko yanditse kitabamo.

Me Venant Nkurunziza.


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Who is Yolande MAKOLO, the lady who called Kenneth Roth a “virus” ?

To understand Yolande MAKOLO, you need to know Jeannette Nyiramongi, wife of Paul Kagame. The two ladies’ stories are intertwined.

Jeannette Nyiramongi

She is the daughter of Mr. Murefu. Their family lived in exile in Bujumbura, Burundi when in 1983 Murefu was accused of spying on behalf of  the Government of Hayarimana in Rwanda. Mr Murefu was expelled to find himself in Kigali where he was well received. He started doing business. He ran a bistro and a nightclub in the center of the capital city, Kigali; in a building belonging to Matthieu Ngirumpatse, who was then president of the MRND, the political party under President Habyarimana’s regime. A rental guarantee check was deposited by Jean Huss Mugwaneza, a family friend, and a successful businessman. Mr Mugwaneza was the elder brother to Robert Kajuga, the famous leader of the Interahamwe.

Kajuga Robert

Robert Kajuga, leader of the Interahamwe

At that time, Jeannette Nyiramongi wass a young flourishing girl enjoying herself in Kigali. Jean Huss Mugwaneza offered to help her follow studies in Naïrobi, Kenya. Mr  Jean Huss Mugwaneza had a juicy market of supplying gypsum to the CIMERWA factory. Gypsum is a kind of rock used as a raw material for making cement. This stone was imported from the mountains of Kenya where Jean Huss Mugwaneza had opened mining sites. He therefore used to make frequent stays in the Kenyan capital, Nairobi.

How Makolo comes in

Despite Mr. Mugwaneza’s support, Jeannette Kagame fell in troubles. She was rescued and taken in by the family of a certain Speciose Kayihura, mother of Yolande Makolo. After a few years, from that family Jeannette Nyiramongi was introduced to her charming prince Paul Kagame who, in 1989, hastened the wedding arrangements before going to war.

Kagame conquered Rwanda in July 1994. He reigned as the strong man in Kigali and will be officially sworn in as president in 2000, making Jeannette Nyiramongi de facto the First Lady. Jeannette Kagame will not forget her benefactors, starting with the Speciose Kayihura family who sheltered her during the bad days in Naïrobi. This is how Yolande Makolo landed in President’s office as director in charge of the communications.

Nepotism at play:

Jeannette Kagame wants to keep control on everything, or at least , to have an eye in each corner of the State’s. As such , she places her cronies tactically ( in different times).

  1. Yvonne Makolo ( sister to Yolande Makolo) is CEO of Rwandair, the national  air company.
  2. Viviane Kayitesi Kayihura, chief of the Rwandan Development Bank (BRD), then posted to Ankara in Turkey;
  3. Teta Rutimirwa Kayihura, head of urban planning in the city of Kigali;
  4. Eugene Kayihura, Ambassador of Rwanda to South Korea, Tanzania and then to the Seychelles Islands;
  5. Tesi Kayihura, stationed at the Embassy of Rwanda in Singapore;
  6. Rema and Minego, board members of the government newspaper The New Times;
  7. Urujeni Manzi Bakuramutsa, current director of the office of Paul Kagame,  her mother is the sister of Speciose Kayihura, …

The father of Yolande Makolo is a Congolese man from Luba tribe (muluba). She is married to another congolese man, but not a less important one: Bosco Ntaganda’s brother. Bosco Ntaganda aka “Terminator”, was a henchman of President Paul Kagame in the Democratic Republic of the Congo (DRC) before being arrested and tried by the International Criminal Cout (ICC) in The Hague. He was sentenced to 30 years’ imprisonment for war crimes and crimes against humanity committed in Ituri in 2002-2003.

Power-drunk ?

Strengthened by her relationships with the first lady, Yolande Makolo has become, over the years, one of the most powerful women in “New Rwanda”. In her role as Director of Communication for President Kagame, she spearheaded  attacks on social media against Presidents Pierre Nkurunziza of Burundi and Yoweri Museveni of Uganda, who, – it is in the air- maintain not-so-good relations with President Paul Kagame.

Recently, Yolande Makolo has been replaced by another woman in the seraglio, Stéphanie Nyombayire, but she remains in power as responsible for “General Affairs of the Presidency of the Republic”. It is unclear as to what her post refers to, but we know that in this capacity she attacked Kenneth Roth, Director of Human Rights Watch, calling him “virus Ken Covid-20”.

KenHRW

It reminds me that  in Lexico the adjective “power-drunk” applies to a person intoxicated by the possession of power; rendered irrational by power.

Information from www.echosdafrique.com

Free translation and comments by Chaste Gahunde.


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“Tu es un virus”- les autorités rwandaises menacent le Directeur de Human Rights Watch.

Il est devenu normal que toute personne qui ose poser des questions qui fâchent à Paul Kagame soit bloquée d’office. Kagame, qui, une fois a été vanté comme le président africain le plus populaire sur les réseaux sociaux, apparemment perd d’équilibre en lisant des tweets qui lui rappellent sa vraie nature. Il n’aimerait pas se regarder dans un miroir! Pour les rwandais, ça commence à être un no-news. Etre bloqué par Kagame, puis par sa fille, et sa bande de copin(e)s,…c’est comme ça que ça marche. Contrairement aux USA, il n’existe aucune loi qui empêche le président de la république rwandaise de bloquer un citoyen estimé hostile envers la magistrature suprême. 

Kenneth Roth bloqué, menacé

C’est le tour du Directeur de Human Rights Watch d’être bloqué. Comme si ça ne suffisait pas, Monsieur Kenneth Roth reçoit les explications supplémentaires sur la raison de cet action:

“Un virus à la fois, ta nomenclature est Ken Covid-20. Mémorise le numéro”.

KenHRW

C’est Yolande Makolo qui s’invite pour répondre à la question posée par le directeur exécutif de HRW: “De quoi a-t-il peur le président brutalement dictateur rwandais?” (pour me bloquer – ndlr).

Anciennement cheffe de la communication du président Kagame, Yolande Makolo est actuellement attachée aux services généraux de la présidence, cédant la place à une certaine Stéphanie Nyombayire. Elle fait partie de l’équipe de “chiens de chasse” coordonnée par la fille du président Ange Kagame dont le rôle est de dénigrer toute personne qui critique, même de façon constructive, le régime de son papa chéri.

Alison Desforges de son vivant

Dans les années qui ont directement suivi le génocide rwandais,  Alison Desforges n’aurait imaginé une seule fois que Human Rights Watch pourrait un jour être aux antipodes avec le Front Patriotique Rwandais (FPR). Elle a été championne de la sensibilisation d’un génocide planifié et non spontané, même si, malgré ses témoignages au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), l’hypothèse de “planification” n’a pas convaincu le tribunal, faute de preuves irréfutables. 

Desforges a été appréciée par Kagame jusqu’à ce qu’un jour, elle ouvre les yeux sur les crimes commis par le FPR. Voici ce que HRW a dit à sa mort:

“Perspicace et impartiale, Alison Des Forges s’est rendue impopulaire au Rwanda pour avoir insisté sur le fait que les forces rebelles du Front patriotique rwandais, (…) devraient aussi répondre des crimes qu’elles ont commis, notamment le meurtre de trente mille personnes pendant et juste après le génocide. Le gouvernement rwandais a banni Alison Des Forges du pays en 2008 après la publication par Human Rights Watch d’une analyse exhaustive de la réforme judiciaire dans ce pays. Cette analyse a mis en lumière le problème des poursuites judiciaires infondées, ainsi que des influences externes sur la justice ayant abouti dans certains cas à des procès et des verdicts injustes”. HRW, 2009.

Desforges est morte dans un crash d’avion dans des circonstances un peu floues. Un peu avant sa mort, elle travaillait sur les tueries qui avaient eu lieu dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Et selon Kenneth Roth, « Alison n’a jamais omis de mentionner les crimes commis par les forces du gouvernement rwandais, ce qui ne l’a pas rendue populaire, particulièrement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne »,..« Elle était comme une épine dans le pied de chacun, ce qui reflétait son intégrité ainsi que son attachement aux principes et à la manifestation de la vérité. »

Maintenant que Kenneth est “un virus” selon les dires de la belle Makolo, a quoi pourrions-nous nous attendre?  C’est une menace à ne pas prendre à la légère.

Let’s wait and see!

Chaste Gahunde


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Rwanda: La fille du président lâche ses “chiens de chasse” contre Victoire Ingabire.

Le 21 mars 2020, Victoire Umuhoza a reçu dans sa résidence Aimable Karasira, professeur d’université et youtubeur dans ses moments libres. Il poste des vidéos analysant les phénomènes de société et est très suivi.

Un geste de se laver les mains

Avant d’accorder une interview à Karasira, Victoire Ingabire s’est lavée les mains au savon, suivant en cela l’exemple du président Paul Kagame, qui dans une vidéo, avait invité les Rwandais à se protéger contre le corona virus en se lavant régulièrement les mains.

Le journaliste a filmé cette séquence avant que lui-même ne se lave les mains. L’interview a porté sur un seul sujet : le corona virus et ses conséquences dans un pays comme le Rwanda en général et dans la ville de Kigali en particulier. Karasira a tenu à préciser qu’il ne fait pas de la politique, qu’il n’appartient pas au parti DALFA (Development For All) de Victoire ni au FPR de Paul Kagame. Il a invité Victoire Ingabire à ne se limiter que sur ce seul sujet dans ses déclarations.

Au cours de l’interview, Victoire Ingabire s’est appesantie sur les dégâts du corona virus sur l’économie rwandaise. Elle a notamment plaidé en faveur de petits indépendants (salons de coiffure, taxis-motos et voitures, réparateurs de toutes sortes, vendeurs aux marchés,…) qui ont vu leurs activités fermées alors qu’elles leur permettaient de gagner leur pain quotidien. Elle a suggéré que l’Etat leur vienne en aide.

De fait, les mesures de confinement décrétées par le Rwanda sont extrêmes car elles vont jusqu’à la fermeture de toutes les frontières, ce qui va peser grandement sur les approvisionnements des biens de première nécessité qui provenaient des pays limitrophes. Pendant ce temps, les autorités demandent aux commerçants de ne pas monter les prix et ont même décrété le rationnement.

Une équipe de choc

Au lieu de critiquer cette proposition de Victoire Ingabire, Ange Kagame et son équipe, sur Twitter, ont déclenché une action de dénigrement de l’opposition politique, en s’attardant sur le geste de se laver les mains posé par Victoire Ingabire. Les attaques sont virulentes et certains proposent que Victoire Ingabire soit conduite à l’hôpital psychiatrique pour être examinée.

 

Parmi les membres éminents de l’équipe figurent non seulement Ange Kagame mais également une autre figure de proue de l’entourage du président, une certaine Yolande Makolo, ex-directrice chargée de la communication du président Kagame, Lucy Mbabazi, une autre femme qui compte dans le système Kagame ou Edwin Mukiza, un avocat et conseiller juridique des cabinets ministériels.

Tel père telle fille ?

Depuis son arrivée au Rwanda en janvier 2010 pour se présenter aux élections présidentielles, Victoire Ingabire a été désignée comme la personne à abattre par tous les moyens. Cela n’a pas tardé et dans ses discours officiels, le président Kagame l’a attaquée verbalement en la qualifiant notamment de hooligan et en prédisant son emprisonnement. Cela n’a pas tardé et Victoire fut conduite en prison la même année. Les recours furent vains et en 2013, la Cour suprême la condamna à 15 ans de prison entre autres pour ‘‘conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre’’. Elle en est sortie après huit ans par grâce présidentielle. Dernièrement, elle a fondé un parti politique : DALFA (Development And Liberty For All) mais ses ennuis sont loin de prendre fin car le président dans une de ses colères légendaires, a menacé de la faire remettre en prison.

Que Ange Kagame se joigne à son père dans des actions de harcèlement des opposants politiques, c’est inquiétant. Jeune, bardée de diplômes des universités américaines, il est à se demander ce qu’elle a appris de ce pays ayant vu naître la démocratie moderne. Comment ne peut-elle pas comprendre et mesurer l’importance d’une opposition politique dans un pays pour la promotion d’une vraie démocratie et un véritable respect des droits de l’Homme ?

Mais les dés sont pipés et donc cela ne peut en être autrement. Le mari d’Ange Kagame, Bertrand Ndengeyingoma n’est-il pas cité dans les « Panama Papers », une enquête dans laquelle la presse mondiale a dénoncé les propriétaires des comptes bancaires cachés dans des paradis fiscaux! Le couple roule donc sur l’or. Il a des millions de dollars qui dorment sur des comptes notamment au Panama. Ange Kagame a intérêt à ce qu’il n’y ait pas de changements politiques au Rwanda au risque de perdre sa fortune colossale provenant des impôts de Rwandais. Si Ange Kagame s’active pour faire taire toute voix discordante à la politique de son  président de père, c’est parce qu’elle sait que si celui-ci n’est plus au pouvoir, le château va s’écrouler. Et ce sera la fin des haricots !

Jean-Charles Murego
23/03/2020

Source: www.echosdafrique.com 


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